Des choix individuels et collectifs s'imposent en matière de mobilité durable. Il est nécessaire de sensibiliser la population et les décideurs de la région métropolitaine de Québec.
C'est pourquoi Accès transports viables, le regroupement des utilisateurs et utilisatrices des transports collectifs et actifs du Québec métropolitain, défend les droits des utilisateurs des transports collectifs et actifs et fait la promotion des transports viables.
Jeudi, 9 février 2012
Mardi le 7 février a été inaugurée une nouvelle passerelle sur la rivière Saint-Charles dans le quartier du Buisson. Les résidents de ce secteur attendaient depuis longtemps cette infrastructure qui réduit enfin l’enclavement que subit cette partie du quartier Duberger-Les Saules. Grâce à cette passerelle, les résidents de Du Buisson ont désormais un accès direct - à pied ou à vélo - vers le parc linéaire de la rivière Saint-Charles, ainsi qu’à la piste cyclable située sur le boulevard Saint-Jacques et au nouveau parcours Métrobus 803.
Autre bonne nouvelle : un projet de passerelle est également à l’étude sur la rivière Saint-Charles dans le secteur Saint-Sauveur ! Cette passerelle facilitera grandement les déplacements actifs des résidents des deux rives de la Saint-Charles.Mais force est de constater qu’il semble plus simple pour la ville de construire une passerelle au-dessus d’une rivière qu’au-dessus d’une autoroute ou d’une voie ferrée. C’est vrai que les intervenants concernés sont plus nombreux dans ces deux derniers cas. Mais cela n’empêche pas que les infrastructures de transport restent d’importants obstacles à une pratique plus répandue des déplacements actifs dans de nombreux secteurs de la ville puisqu’ils augmentent considérablement la distance à parcourir.
Par exemple, non loin du secteur du Buisson, les résidants du secteur Duberger doivent parcourir parfois plus de quatre kilomètres à pied (ou en voiture, car le chemin est finalement le même !) pour se rendre aux Galeries de la Capitale, alors que ce centre commercial ne se trouve qu’à un kilomètre à vol d’oiseau ! Les résidents de ce secteur pourraient être beaucoup plus nombreux à se rendre à ce centre d'achats à pied ou à vélo, si un accès plus direct était aménagé, puisqu’à Québec, plus d’un déplacement sur deux de moins d’un kilomètre se réalise de façon active, alors qu’ils ne sont plus qu’un sur cent à le faire lorsque la distance dépasse quatre kilomètres (voir le Portrait de la mobilité active à Québec) !

Le manque de perméabilité de l’autoroute Félix-Leclerc est telle dans ce secteur que, sur les six kilomètres qui séparent l’autoroute Henri IV et l’autoroute Laurentienne, seulement trois options s’offrent aux piétons et aux cyclistes pour franchir celle-ci : le boulevard de l’Ormière, le boulevard Neuvialle et le boulevard Pierre-Bertrand. En plus des détours qu’ils occasionnent, ces boulevards ne constituent en aucun cas des environnements hospitaliers à la marche et, parmi ceux-ci, seul Neuvialle comporte pour l’instant des aménagements cyclables. Des aménagements cyclables sont prévus sur le boulevard Pierre-Bertrand depuis le dépôt du Plan directeur du réseau cyclable en 2007, mais ceux-ci sont malheureusement toujours reportés.
Pendant ce temps, d’autres villes innovent. Minneapolis, dans le Minnesota, par exemple, a inauguré récemment une majestueuse passerelle chevauchant une grande autoroute de la région. Voilà un exemple de projet audacieux qui viendrait répondre au cruel manque de perméabilité de plusieurs infrastructures de transport de la ville et permettrait à la population d’être plus active.
